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Accueil 1ʳᵉ Bac Sciences Maths Notions de logique
I Logique et ensembles · Chapitre 01

Notions de logique

Propositions, quantificateurs, modes de raisonnement et récurrence.

18 min de lecture
6 sections, 7 exemples
48 exercices · 2 devoirs surveillés

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L'essentiel en 30 secondes

Une proposition est un énoncé qui est vrai ou faux, jamais les deux. Les connecteurs (négation, et, ou, implication, équivalence) se lisent sur une table de vérité : une implication n'est fausse que si son hypothèse est vraie et sa conclusion fausse. Les quantificateurs transforment un énoncé à variable en proposition, et leur ordre change le sens : « pour tout x il existe y » est bien plus faible que « il existe y pour tout x ». Nier revient à échanger ∀ et ∃, puis à nier la propriété. Le chapitre met enfin en place les modes de raisonnement — direct, par contraposée, par l'absurde, par disjonction des cas, par contre-exemple — et le raisonnement par récurrence, simple, double ou fort.

Périmètre du chapitre

I. Propositions et valeurs de vérité

Une démonstration enchaîne des énoncés dont on peut dire, sans ambiguïté, s'ils sont vrais ou faux. C'est cette exigence que l'on formalise en premier.

II. Les connecteurs logiques

PPQQP\overline{P}PQP\land QPQP\lor QPQP\Rightarrow QPQP\Leftrightarrow Q
VVVVFFVVVVVVVV
VVFFFFFFVVFFFF
FFVVVVFFVVVVFF
FFFFVVFFFFVVVV
Démonstration de PQPQ\overline{P\lor Q}\equiv\overline{P}\land\overline{Q}

On dresse la table de vérité des deux membres.

PPQQPQP\lor QPQ\overline{P\lor Q}P\overline{P}Q\overline{Q}PQ\overline{P}\land\overline{Q}
VVVVVVFFFFFFFF
VVFFVVFFFFVVFF
FFVVVVFFVVFFFF
FFFFFFVVVVVVVV

La quatrième et la septième colonne coïncident ligne à ligne. L'équivalence PQPQ\overline{P\lor Q}\Leftrightarrow\overline{P}\land\overline{Q} est donc vraie dans les quatre cas : c'est une tautologie.

III. Les quantificateurs

Une fonction propositionnelle n'est pas une proposition. Les quantificateurs sont précisément les outils qui la transforment en une proposition, en précisant combien d'éléments doivent la satisfaire.

IV. Les modes de raisonnement

ObjectifRaisonnement adaptéIndice déclencheur
Prouver PQP\Rightarrow QDirectL'hypothèse PP est exploitable telle quelle
Prouver PQP\Rightarrow QContraposéeQQ est une négation ou une non-appartenance
Prouver AAAbsurdeAA affirme une impossibilité ou une irrationalité
Prouver QQDisjonction des casUne valeur absolue, une parité, un reste
Réfuter (x)P(x)(\forall x)P(x)Contre-exempleL'énoncé demande « est-ce toujours vrai ? »
Prouver (nn0)P(n)(\forall n\geqslant n_0)P(n)RécurrenceLa propriété porte sur un entier

V. Le raisonnement par récurrence

Aucun des raisonnements précédents ne permet de vérifier une propriété pour une infinité d'entiers. La récurrence, elle, le fait — au prix d'une structure de rédaction très stricte.

Pourquoi le principe de récurrence fonctionne

On admet que toute partie non vide de N\mathbb{N} possède un plus petit élément.

Supposons P(n0)P(n_0) vraie et PP héréditaire, et raisonnons par l'absurde en supposant que

A={nN    nn0 et P(n) est fausse}A=\{n\in\mathbb{N}\;\mid\; n\geqslant n_0\ \text{et}\ P(n)\ \text{est fausse}\}

soit non vide. AA possède alors un plus petit élément mm.

Comme P(n0)P(n_0) est vraie, mn0m\neq n_0, donc m>n0m>n_0 et m1n0m-1\geqslant n_0. Par minimalité de mm, l'entier m1m-1 n'appartient pas à AA : P(m1)P(m-1) est vraie. L'hérédité appliquée à n=m1n=m-1 donne alors P(m)P(m) vraie, ce qui contredit mAm\in A.

Donc A=A=\varnothing : P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n\geqslant n_0.

Questions fréquentes

Pourquoi une implication dont l'hypothèse est fausse est-elle vraie ?

Parce que l'implication PQP\Rightarrow Q n'interdit qu'une seule situation : que PP soit vraie et QQ fausse. Dès que PP est fausse, cette situation ne se présente pas, donc l'implication est vraie — quelle que soit QQ. C'est une convention de logique, pas une affirmation de causalité : PQP\Rightarrow Q ne dit rien de la raison pour laquelle QQ serait vraie.

Quelle est la différence entre un raisonnement par contraposée et un raisonnement par l'absurde ?

Dans une contraposée, on démontre QP\overline{Q}\Rightarrow\overline{P} : on part de Q\overline{Q} et la cible est connue, c'est P\overline{P}. Dans un raisonnement par l'absurde, on suppose PP et Q\overline{Q} simultanément et l'on cherche n'importe quelle contradiction. Si votre preuve par l'absurde n'utilise jamais l'hypothèse PP, c'est en réalité une contraposée : il vaut mieux l'écrire comme telle.

Comment nier une proposition avec plusieurs quantificateurs ?

On échange chaque \forall avec \exists dans l'ordre où ils apparaissent, puis on nie la propriété finale. Les ensembles de référence ne changent jamais. Par exemple, la négation de (xR)(yR)  x+y>1(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R})\;x+y>1 est (xR)(yR)  x+y1(\exists x\in\mathbb{R})(\forall y\in\mathbb{R})\;x+y\leqslant 1.

Pourquoi l'ordre des quantificateurs change-t-il le sens d'une proposition ?

Dans (x)(y)P(x,y)(\forall x)(\exists y)\,P(x,y), le témoin yy est choisi après xx : il peut en dépendre. Dans (y)(x)P(x,y)(\exists y)(\forall x)\,P(x,y), un même yy doit convenir pour tous les xx, ce qui est bien plus fort. Ainsi (xR)(yR)  y>x(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R})\;y>x est vraie (prendre y=x+1y=x+1), alors que (y)(x)  y>x(\exists y)(\forall x)\;y>x est fausse.

Peut-on se passer de l'initialisation dans une récurrence ?

Non, jamais. La propriété « n=n+1n=n+1 » est parfaitement héréditaire et pourtant fausse à tous les rangs ; de même, « 99 divise 10n+110^{n}+1 » est héréditaire mais fausse partout. L'hérédité transmet une vérité, elle ne la crée pas : sans un rang initial vérifié, elle ne prouve rien.

Quand faut-il une récurrence double ou une récurrence forte ?

Une récurrence double s'impose lorsque le rang n+2n+2 dépend des deux rangs précédents, comme dans un+2=5un+16unu_{n+2}=5u_{n+1}-6u_{n} : il faut alors deux initialisations. Une récurrence forte s'impose lorsque le rang n+1n+1 fait appel à un rang antérieur qui n'est pas connu à l'avance — par exemple pour démontrer que tout entier n2n\geqslant2 admet un diviseur premier.