Une proposition est un énoncé qui est vrai ou faux, jamais les deux. Les connecteurs (négation, et, ou, implication, équivalence) se lisent sur une table de vérité : une implication n'est fausse que si son hypothèse est vraie et sa conclusion fausse. Les quantificateurs transforment un énoncé à variable en proposition, et leur ordre change le sens : « pour tout x il existe y » est bien plus faible que « il existe y pour tout x ». Nier revient à échanger ∀ et ∃, puis à nier la propriété. Le chapitre met enfin en place les modes de raisonnement — direct, par contraposée, par l'absurde, par disjonction des cas, par contre-exemple — et le raisonnement par récurrence, simple, double ou fort.
Périmètre du chapitre
I. Propositions et valeurs de vérité
Une démonstration enchaîne des énoncés dont on peut dire, sans ambiguïté, s'ils sont vrais ou faux. C'est cette exigence que l'on formalise en premier.
II. Les connecteurs logiques
Démonstration de
On dresse la table de vérité des deux membres.
La quatrième et la septième colonne coïncident ligne à ligne. L'équivalence est donc vraie dans les quatre cas : c'est une tautologie.
III. Les quantificateurs
Une fonction propositionnelle n'est pas une proposition. Les quantificateurs sont précisément les outils qui la transforment en une proposition, en précisant combien d'éléments doivent la satisfaire.
IV. Les modes de raisonnement
| Objectif | Raisonnement adapté | Indice déclencheur |
|---|---|---|
| Prouver | Direct | L'hypothèse est exploitable telle quelle |
| Prouver | Contraposée | est une négation ou une non-appartenance |
| Prouver | Absurde | affirme une impossibilité ou une irrationalité |
| Prouver | Disjonction des cas | Une valeur absolue, une parité, un reste |
| Réfuter | Contre-exemple | L'énoncé demande « est-ce toujours vrai ? » |
| Prouver | Récurrence | La propriété porte sur un entier |
V. Le raisonnement par récurrence
Aucun des raisonnements précédents ne permet de vérifier une propriété pour une infinité d'entiers. La récurrence, elle, le fait — au prix d'une structure de rédaction très stricte.
Pourquoi le principe de récurrence fonctionne
On admet que toute partie non vide de possède un plus petit élément.
Supposons vraie et héréditaire, et raisonnons par l'absurde en supposant que
soit non vide. possède alors un plus petit élément .
Comme est vraie, , donc et . Par minimalité de , l'entier n'appartient pas à : est vraie. L'hérédité appliquée à donne alors vraie, ce qui contredit .
Donc : est vraie pour tout .
Questions fréquentes
Pourquoi une implication dont l'hypothèse est fausse est-elle vraie ?
Parce que l'implication n'interdit qu'une seule situation : que soit vraie et fausse. Dès que est fausse, cette situation ne se présente pas, donc l'implication est vraie — quelle que soit . C'est une convention de logique, pas une affirmation de causalité : ne dit rien de la raison pour laquelle serait vraie.
Quelle est la différence entre un raisonnement par contraposée et un raisonnement par l'absurde ?
Dans une contraposée, on démontre : on part de et la cible est connue, c'est . Dans un raisonnement par l'absurde, on suppose et simultanément et l'on cherche n'importe quelle contradiction. Si votre preuve par l'absurde n'utilise jamais l'hypothèse , c'est en réalité une contraposée : il vaut mieux l'écrire comme telle.
Comment nier une proposition avec plusieurs quantificateurs ?
On échange chaque avec dans l'ordre où ils apparaissent, puis on nie la propriété finale. Les ensembles de référence ne changent jamais. Par exemple, la négation de est .
Pourquoi l'ordre des quantificateurs change-t-il le sens d'une proposition ?
Dans , le témoin est choisi après : il peut en dépendre. Dans , un même doit convenir pour tous les , ce qui est bien plus fort. Ainsi est vraie (prendre ), alors que est fausse.
Peut-on se passer de l'initialisation dans une récurrence ?
Non, jamais. La propriété « » est parfaitement héréditaire et pourtant fausse à tous les rangs ; de même, « divise » est héréditaire mais fausse partout. L'hérédité transmet une vérité, elle ne la crée pas : sans un rang initial vérifié, elle ne prouve rien.
Quand faut-il une récurrence double ou une récurrence forte ?
Une récurrence double s'impose lorsque le rang dépend des deux rangs précédents, comme dans : il faut alors deux initialisations. Une récurrence forte s'impose lorsque le rang fait appel à un rang antérieur qui n'est pas connu à l'avance — par exemple pour démontrer que tout entier admet un diviseur premier.